Tableau de Jacques-Augustin-Catherine Pajou : Orphée perdant son Eurydice pour la seconde fois

Orphée perdant son Eurydice pour la seconde fois

Tableau de Jacques-Augustin-Catherine Pajou, exposé au Salon de Peinture et de Sculpture de 1798, perdu depuis.

Historique : Paris, Salon de 1798, n° 324, avec l’indication : « Sujet extrait des Géorgiques, traduction de l’abbé Delille.Ce tableau appartient à l’auteur ».
Bibliographie : Anonyme, Exposition du Salon de l’An VI ou les tableaux en vaudevilles, n° II ; Anonyme, Petites vérités au grand jour, Sur les acteurs, les actrices, les peintres, les journalistes, l’Institut, le Portique républicain, Bonaparte, etc., etc. Par une société d’amateurs, d’intrigants et de cabaleurs, An VIII ; Jean-Gabriel Peltier, Paris pendant l’année …, Volume XIX, Londres, 1798, Baylis, p. 22-23, Caroline, Wuiet, « Ma huitième promenade au Musée des Art » , Le Phénix, 10, 2 vendémiaire an 7 (23 septembre 1798).

Description du sujet d’après le livret du Salon :
« Presque aux portes du jour, troublé, hors de lui-même,
Il s’arrête, il se tourne, il revoit ce qu’il aime :
C’en est fait, un coup d’œil a détruit son bonheur.
Le barbare Pluton révoque sa fureur,
Et des Enfers charmés de ressaisir leur proie,
Trois fois le gouffre avare en retentit de joie.
La mort, déployant son ombre autour de moi,
Orphée ! ah ! cher époux quel transport malheureux,
Dit-elle : ton amour nous a perdus tous deux.
Adieu : l’enfer se rouvre et mes yeux s’obscurcissent,
Mes bras tendus vers toi déjà s’appesantissent ;
M’entraîne loin du jour, hélas! et loin de toi.
Elle dit, et soudain dans les airs s’évapore ».

Exposition du Salon de l’An VI ou les tableaux en vaudevilles, n° II :
« Un grand tableau représentant Orphée au moment où il perd Euridice. On voit l’hymen qui plane sur la tête des époux et dans le fond Euridice qui, comme dit Virgile : Sicut fumus in auras commistus tenues fugit diversa (note1).

« Air : Ah ! Maman que je l’échappais belle :
Orphée aux enfers pour Euridice
Par ses sons s’était rendu Pluto même propice
et par l’excusable caprice
cet objet rendu
par son cœur est encor perdu.
Mais ! si de la perte de sa femme
Quelque chose à droit de pouvoir consoler sa flamme
le ton la couleur
dont Pajou nous peint la douleur ».

Note 1 : Comme une vapeur qui se dissipe dans l’air léger, elle fuit loin de lui.

Petites vérités au grand jour, Sur les acteurs, les actrices, les peintres, les journalistes, l’Institut, le Portique républicain, Bonaparte, etc., etc. Par une société d’amateurs, d’intrigants et de cabaleurs, An VIII.

«Son Orphée aux enfers était assez médiocre ; nous savons qu’il peut mieux faire».

Petites vérités

Petites vérités (bis)

Petites vérités (bis)

Paris pendant l’année … :
« N°. 324. Orphée et Euridice, par le C. Pajou fis.
Cette tète d’Orphée a un mérite d’expression; elle peint la sensibilité; ce fantôme est vaporeux, ses extrémités sont ce qu’elles doivent être, indécises, impalpables. Je supprimerais l’allégorie de l’Hymen planant sur un nuage; 1°. parce qu’il ne faut employer l’allégorie que là où le sujet ne l’explique pas de lui-même; 2 °. parce que tout l’intérêt doit être ici concentré sur la scène sentimentale; or tout épisode divise l’intérêt.
Il y a de la poésie dans cette allégorie. Mais vous suivez Virgile, & Virgile ne l’a pas employée. Je dirai à l’artiste dont personne n’estime plus que moi le caractère personnel: tendez à la perfection par de nobles efforts, proposez-vous pour l’étude & pour modèle, les types, le grand goût & le style sévère de l’antiquité; ne traitez que des sujets historiques, n’éparpillez point votre talent, allez au grand ».
Caroline, Wuiet : « Je ne sais si l’expression du jeune époux est naturelle à l’amour… sa tête n’a pas assez de douleur, elle ressemble à celle de l’Apollon du belvédère… [le] paysage ne satisfait pas entièrement l’imagination, mais ce tableau joint de grandes beautés à des petits défauts, c’est un (sic) image dans le ciel ».

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